Politique, pensées en mutation

 

“Je suis né à huit heures et demie
du soir le mercredi 18 juillet 1934
Il y avait un orage
Une heure avant ma naissance ma mère lavait les escaliers de son immeuble pour qu'ils soient propres quand la sage femme marcherait dessus
Dans le quartier où vivait ma mère on considérait les représentants du corps médical comme des agents de l'autorité
J'ai été bombardé pour la première fois à cinq ans
Le bombardement a continué jusqu'à ce que j'aie onze ans
Plus tard l'armée m'a enseigné neuf façons de tuer
Et à vingt ans j'ai écrit ma première pièce
Comme tous les gens en vie au milieu de ce siècle ou nés depuis
Je suis citoyen d'Auschwitz et un citoyen d'Hiroshima
Je suis citoyen du monde humain qui est encore à construire”.

 

Edward Bond

L'obsession est une figure musicale : thème semblant sous-jacent, adjacent ou superflu mais qui, incessamment repris, finit - sans s'en imposer maître - par constituer l'identité voilée et réelle de l'oeuvre. Dans l'histoire de la pensée s'imprime aussi, douloureuse têtue et toujours musicale en ce qu'elle est gratuite, cette obsession féconde : celle d'une société libre, fraternelle, juste, créatrice. Où l'individu et l'ensemble n'opposeraient plus leurs désirs à leurs volontés, leurs moyens à leurs besoins, leur pouvoir de à l'illusion d'un pouvoir sur. Toute philosophie, tout art et toute science sont, sous ce regard, obsessionnels. Cette obsession gouverne les institutions, les mutations, les révolutions, les progrès - eussent-ils tous leurs faces sombres de pièges. Car l'obsession est avant tout refus de la résignation. Personne ni aucune société ne se libère sans être obsédé de sa liberté. Et sans doute l'obsession est-elle contingence biologique - au-delà de l'humanité même : l'abeille s'obsède. Et le dauphin. Preuve par leurs prouesses : ruches émigrées dans les villes, ballets de dauphins précédant les chalutiers (ils ont compris, à leurs dépens, que derrière ils sont morts). En histoire, en biologie, en art, en philosophie, en oeuvre de chaque jour : l'aiguillon de l'obsession. La vie est obsession. Nous laisser obséder par les pubs consuméristes démontre d'ailleurs la validité de l'hypothèse...

A.V.S.

 

 

AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services, OCDE, signé en 2001 en vigueur depuis 2005:

                      Texte                      Lien

 

C. Castoriadis, Entretien avec Daniel Mermet

                          Haine de soi, haine de l'autre

                         Psychanalyse et politique

 

Collectif Guadeloupe, Manifeste sur les produits de haute nécessité

Ekklesia, Sommes-nous prisonniers du temps?

R. Espejo, Signification d’une éducation existentielle comme  pédagogie critique de l’autonomie.

N. Illiopouplos, Castoriadis et la création politique

 

Izuba, en lien

J. Joyce, l'Arabie

Libertaire, en lien

Lieux communs, en lien

 

N. Stoffel, L'Anthropologie philosophique de Castoriadis...

Pièces & main d'oeuvre : L’homme devient totalement transparent face à un pouvoir opaque"

 

A. Vernet

Agora International:    Recevoir et transmettre des moments de...

Paris 8 philo: Au-delà de l'hétéronomie

 

Méduse, Le Caravage

BLOC-NOTE DES CROYANCES

 

Compétition des systèmes dits complexes

Le consensus collectif fonde et maintient une barrière radicale à l'abri de laquelle s'échaffaude une foule de théories systémiques dont les formes primaires, bipolaires (“terre/ciel”, dieu/diable”, “est/ouest”, “nord/sud”, “axes du bien/mal”, classisme) furent et restent les précurseurs. Toutes, cependant, s'accordent sur un fait et le perpétuent : plus le système est technologiquement complexe, plus l'asservissement de l'individu exigera de ce dernier un développement esclavagiste de ses propres capacités, obéissant en cela aux  impératifs archaïques des modèles  précurseurs. Ainsi faut-il aujourd'hui avoir plus de compétences pour consommer qu'il n'en faut pour survivre et “gagner sa vie”. Les individus taxés de bipolaires par la norme sont-ils plus malades que leur “démocratie” également bipolaire mais pourtant, elle, posée comme seule référence et possibilité du politique et de la loi?

 

Déléguer l'exercice démocratique revient à céder sa responsabilité à un système de gestion primaire imposant un clivage plus ou moins temporaire.

 

Construction du passé comme “inconscient collectif”:

Prétendre que le commerce, à lui seul, a toujours humanisé le monde par l'échange des idées associées aux produits, et qu'il devrait donc continuer à le régler, est un non-sens. Car, dès qu'on est conscient du fait, l'idée du mercantile comme support inconscient de l'humanisation devient une fallace mortifère en regard de la conscience acquise, ainsi empêchée d'agir - et ce d'autant plus à l'heure où l'inondation du monde par les produits industrialisés supports de la spéculation ne relève plus ni du “commerce”, ni de l'échange. Faire de la conscience politique l'a posteriori de conduites inconscientes revient à imposer la stagnation. Il n'y a pas “d'inconscient collectif”, parce qu'il n'y a ni “surmoi” ni psyché collectifs. Le refoulement est un processus strictement individuel. Il n'y a "d'inconscient" en collectivité que le chacun pour soi démultiplié...

 

Réalité économique ou croyance?

La croyance en une vérité devient religion lorsque, de gré ou de force, le vrai se substitue au réel.

 

L'obsolescence programmée, critère postmoderne

La “logique culturelle du capitalisme tardif” (ainsi que Jameson définit le postmodernisme) implique, conformément au projet postmoderne, que la contradiction entre “ancien et nouveau”, “vieux et jeune”, “in et out” tende à s'abolir. Ainsi la puissance du “vernaculaire commercial” institué aujourd'hui institue-t-elle l'innovation permanente au lieu de l'opposition entre ancien et moderne. “Innovation permanente” signifiant l'obsolescence programmée des artefacts. Autrement dit : le postmodernisme force l'avènement de l'amnésie par le recyclage.

 

Droits et dettes

Le droit n'est pas à vendre. Aucun droit ne s'achète par un devoir. Fausse égalité de l'échangisme pervers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Gary Larson - cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

“Loi”, laïcité, patriarcat

Si on entend par laïque une organisation sociale se défiant des pièges de la crédulité, alors la laïcité doit tout autant poser la séparation du religieux et du domaine public que celles de la finance et, par extension, de toute croyance en quelque dogme politique que ce soit. Et par conséquent l'abolition de toute hiérarchie de nature raciste, classiste et sexiste.

A.V.S.

Féminisme : méditation sur le pouvoir de l'otage

 

Observer comment, aujourd'hui, en cas d'un pouvoir à prendre ou à céder, qu'il soit instable ou menacé, virtuel ou seulement impopulaire, une figure féminine est alors  promue comme autorité... et “prend les coups”.

Question ouverte aux femmes qui se prêtent (...) au simulacre.

Cette construction idéologique - femme douairière, censeur et vestale gardienne des valeurs phalliques - semble la  constante d'une époque où le "mâle démocrate” (fût-il de gauche), répugnant à s'exposer auteur de sa domination, joue savamment de sa compagne afin de demeurer, lui, objet de désir...

Où l'émancipation, lorsqu'elle est faussée, consiste à savoir faire porter le chapeau - mieux que la culotte.

 

J'en aime d'autant plus le Balcon de  Genet.

A.V.S.

La lumière, A.V.S.

Anne Vernet-Sévenier